NewsletterSemaine du 10 septembre 2026

Rentrée sous tension: fiscalité, loyers, logement

Cette rentrée concentre des décisions fiscales, réglementaires et sociales qui pèsent sur l'offre et l'accès au logement. Vous trouverez ici les faits clés, leur impact concret pour acheteurs, locataires et professionnels, et les actions à mener dès maintenant.

4 000 espérées / 200 réalisées
Objectif de ventes mensuelles vs ventes constatées pour le dispositif fiscal Jeanbrun (BFM Immo)
30 milliards d’euros
Montant des aides au logement 'fondues' sous les années Macron (BFM Immo)
61 000 hectares
Friches recensées en France, près de la moitié en zones tendues pour l'habitat (BFM Immo)

Jeanbrun mal parti pour relancer le neuf

Le dispositif fiscal Jeanbrun, présenté pour relancer l'immobilier neuf dans la perspective des réformes fiscales 2026, a démarré bien en deçà des objectifs annoncés. Les médias rapportent un objectif de 4 000 ventes mensuelles contre environ 200 ventes réellement constatées. Cette faible adoption intervient alors que promoteurs et investisseurs attendent des signaux clairs sur les modalités pratiques du dispositif.

Pourquoi c'est important. Si la mesure n'entraîne pas de ventes suffisantes, les promoteurs risquent de ralentir ou repousser des chantiers, ce qui réduit l'offre nouvelle. Moins d'offres neuves peut maintenir la pression sur l'ancien et compliquer l'accès pour les primo-accédants.

À surveiller. Promoteurs et investisseurs doivent recalculer leurs prévisions de trésorerie et vérifier les conditions d'éligibilité opérationnelles du Jeanbrun. Acheteurs et agents doivent demander aux promoteurs un calendrier précis des livraisons et anticiper des délais ou des révisions de prix.

Source : BFM Immo

Airbnb : Bruxelles donne plus de marge aux villes

La Commission européenne propose d'accorder davantage de latitude aux villes pour restreindre les locations courte durée afin d'éviter les recours juridiques bloquant les réglementations locales. L'objectif est de clarifier les compétences locales et réduire les contentieux contre des règles municipales trop facilement annulées. Les collectivités, syndics et propriétaires sont directement concernés par cette évolution réglementaire.

Pourquoi c'est important. Pour les municipalités, la mesure vise à protéger l'offre de logement destinée aux habitants et à limiter la pression touristique sur certains quartiers. Pour les propriétaires et investisseurs locatifs, des restrictions renforcées peuvent réduire les revenus issus des locations courte durée et modifier la rentabilité des investissements.

À surveiller. Les collectivités doivent préparer des règles précises et proportionnées (plafonds, durées, zones) afin d'être applicables et défendables juridiquement. Les propriétaires et gestionnaires doivent vérifier la réglementation locale et évaluer l'opportunité de convertir des biens vers la location longue durée.

Source : BFM Immo

Prix : légère baisse globale, Paris reste inégal

Les prix des logements anciens affichent une baisse moyenne de 0,8 % sur un an au deuxième trimestre, selon Le Monde Immobilier. Cette baisse se constate surtout hors des secteurs les plus prisés, tandis que certains arrondissements parisiens comme le 6e et le 7e poursuivent leur hausse. Le marché montre donc une hétérogénéité forte entre secteurs centraux et périphéries.

Pourquoi c'est important. Pour un acheteur, la baisse moyenne augmente le pouvoir de négociation dans de nombreuses zones mais pas dans les secteurs très recherchés de Paris. Pour un vendeur, la stratégie doit tenir compte de la situation locale : un bien en arrondissement prisé peut rester recherché, alors qu'un bien en périphérie nécessitera une tarification plus prudente.

À surveiller. Acheteurs et agents doivent consulter des comparables récents quartier par quartier et ne pas se fier à une moyenne nationale. Les vendeurs doivent solliciter une estimation locale fine et justifier le positionnement prix par des éléments concrets (travaux, diagnostics, transports).

Source : Le Monde Immobilier

Accession : neuf Français sur dix confirment la difficulté

Un sondage relayé par MySweetImmo indique que 91 % des Français estiment qu'il est plus difficile de se loger qu'il y a dix ans. Parallèlement, l'aide familiale demeure un levier fréquent et déterminant pour l'accès à la propriété des primo-accédants. Ces perceptions traduisent un point de vue partagé sur la hausse des obstacles financiers et administratifs.

Pourquoi c'est important. Cette dépendance accrue à l'aide familiale accentue les inégalités d'accès au logement et favorise ceux qui bénéficient d'un apport. Pour les établissements prêteurs et les conseillers en crédit, cela modifie les profils de risque et augmente les demandes de garanties ou de co-emprunts.

À surveiller. Les candidats à l'achat doivent clarifier dès le départ l'existence et la nature d'un apport familial et préparer les justificatifs demandés par les banques. Les conseillers et courtiers devraient proposer des alternatives (prêts aidés, parrainages, dispositifs locaux) pour les ménages sans apport familial.

Source : MySweetImmo

HLM : charges plus élevées que dans le privé

Une enquête citée par 20 Minutes Immobilier montre que les locataires de HLM supportent en moyenne 230 € de charges annuelles supplémentaires par rapport au parc privé. Cette différence s'explique en grande partie par l'entretien et la gestion des parties communes pris en charge par les bailleurs sociaux. Les dépenses de maintenance et de services collectifs pèsent sur les charges récupérables.

Pourquoi c'est important. Pour un locataire, ces charges viennent diminuer le budget disponible et peuvent rendre un logement social moins attractif que prévu. Pour les bailleurs et les collectivités, il s'agit d'un signal sur la nécessité d'optimiser les contrats d'entretien et la gestion des copropriétés HLM.

À surveiller. Les locataires doivent demander un détail annuel des charges et comparer postes par postes avec le parc privé. Les bailleurs sociaux et conseils municipaux peuvent lancer des audits de gestion pour réduire les coûts des parties communes.

Source : 20 Minutes Immobilier

Casier des mauvais payeurs : proposition contestée

Le ministre du Logement a proposé la création d'un fichier recensant les locataires mauvais payeurs, idée relayée par BFM Immo. Plusieurs associations dénoncent ce projet comme excluant et socialement lourd, estimant qu'il risquerait d'empêcher le relogement des personnes en difficulté. Le débat oppose la volonté de sécuriser les bailleurs et la crainte d'une stigmatisation des locataires vulnérables.

Pourquoi c'est important. Un tel fichier pourrait compliquer l'accès au logement pour des personnes ayant connu des difficultés temporaires, ce qui aggraverait le problème du retour à l'emploi et du maintien dans le logement. Pour les propriétaires, la mesure apporterait un outil de sélection mais expose à des risques juridiques et à des critiques d'exclusion.

À surveiller. Propriétaires et professionnels doivent privilégier des dispositifs existants de garantie et de prévention des impayés avant d'envisager l'usage d'un fichier. Associations et acteurs sociaux doivent suivre le texte et préparer des propositions de garanties alternatives et d'accompagnement des ménages.

Source : BFM Immo

Encadrement des loyers : règles largement contournées

La mise en œuvre de l'encadrement des loyers montre des signes de contournement généralisé, avec près d'un bailleur sur deux qui ne respecterait pas les plafonds rapportés par la presse. Le sujet alimente un débat professionnel sur la prolongation et l'efficacité du dispositif face à des pratiques de majoration ou de frais annexes. Les autorités locales peinent parfois à faire appliquer les cadres officiels.

Pourquoi c'est important. Pour les locataires, ces contournements signifient que la protection promise par l'encadrement n'est pas toujours effective et que le coût réel du logement peut rester élevé. Pour les pouvoirs publics, l'enjeu est d'améliorer les contrôles et d'aligner sanctions et moyens de vérification pour préserver la crédibilité du dispositif.

À surveiller. Les locataires doivent vérifier le loyer de référence local et conserver les annonces et contrats pour signaler les dépassements. Les collectivités et organismes de contrôle doivent intensifier les contrôles et communiquer publiquement leurs constats pour dissuader les pratiques illicites.

Source : BFM Immo

À surveiller

• L'évolution mensuelle des ventes Jeanbrun et les éventuels ajustements réglementaires ou fiscaux annoncés par le gouvernement.

• La décision finale de l'Union européenne sur les compétences municipales en matière de locations courte durée et les premières règles mises en place par les grandes villes.

• Le sort parlementaire du projet de 'casier' des mauvais payeurs et les mesures renforçant ou assouplissant l'encadrement des loyers.

Pour aller plus loin

INFO BFM BUSINESS. De la fameuse baisse de 5 euros aux gels successifs: comment les années Macron ont fait fondre de 30 milliards d’euros les aides au logement — BFM Immo

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Estimation immobilière : entre avis de valeur, responsabilité des agents et défi d’objectivité à l’ère du DPE — Journal de l'Agence

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