Guide · 5 min de lecture
Impact du DPE sur les prix immobiliers : données 2026
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est devenu un critère central dans la valorisation d’un bien immobilier. Depuis la refonte du DPE en 2021 et l’entrée en vigueur progressive des interdictions de location pour les passoires thermiques, la note énergétique influence directement le prix de vente. Les données DVF croisées avec les études de l’ADEME et des portails immobiliers permettent désormais de quantifier cet impact avec précision.
Le DPE de A à G : rappel de l’échelle
Le DPE classe les logements de A (très performant, moins de 70 kWh/m²/an) à G (passoire thermique, plus de 420 kWh/m²/an). Depuis 2021, le calcul intègre à la fois la consommation d’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. Un bien peut donc être déclassé par ses émissions même si sa consommation brute est acceptable. En France, environ 17 % du parc résidentiel est classé F ou G, soit environ 5,2 millions de logements.
Impact chiffré sur les prix de vente
Les études convergent vers des ordres de grandeur stables. En prenant le DPE D comme référence (la classe médiane du parc français), voici les ajustements constatés en 2024–2025 :
- DPE A : +6 % à +16 % selon le type de bien et la localisation. L’écart est plus marqué pour les maisons, où les coûts de chauffage pèsent davantage.
- DPE B : +3 % à +9 %. La prime « verte » existe mais reste modérée.
- DPE C : +1 % à +5 %. Un bien C est déjà considéré comme correct sur le marché.
- DPE D : référence (0 %). C’est la classe médiane du parc français.
- DPE E : -2 % à -5 %. La décote commence à apparaître, surtout pour les grands logements.
- DPE F : -6 % à -12 %. L’interdiction de location depuis janvier 2025 accélère la décote à la revente.
- DPE G : -10 % à -19 %. Les passoires thermiques subissent une double pression : interdiction locative et obligation de travaux pour les acheteurs.
Interdictions de location : le calendrier
Le calendrier législatif est progressif. Depuis janvier 2023, les logements classés G+ (consommation supérieure à 450 kWh/m²/an) sont considérés comme indécents et ne peuvent plus être loués. Depuis janvier 2025, l’interdiction s’étend à l’ensemble des logements classés G. Les logements F seront concernés à partir de 2028, puis les E en 2034. Pour un investisseur locatif, un bien F ou G sans programme de rénovation perd donc sa rentabilité locative à court ou moyen terme, ce qui se répercute mécaniquement sur le prix de vente.
Rénover pour revaloriser
Améliorer le DPE d’un bien est l’un des leviers de plus-value les plus mesurables. Passer de G à D peut représenter un gain de 10 à 19 % sur le prix de vente, soit un retour sur investissement souvent supérieur au coût des travaux (isolation, changement de chaudière, ventilation). Les aides publiques (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ) réduisent encore le coût net de la rénovation. Pour un acheteur stratégique, cibler un bien F ou G avec un programme de rénovation crédible peut constituer une bonne opération financière.
Limites des données
Les coefficients d’impact DPE sont des moyennes nationales. Dans les marchés très tendus (Paris intra-muros, littoral), l’effet DPE est moins prononcé car la rareté du foncier domine. À l’inverse, dans les zones détendues, un DPE G peut entraîner une décote supérieure à 20 % car les acheteurs ont plus de choix. L’estimateur utilise les fourchettes issues des études ADEME, SeLoger et MeilleursAgents pour fournir une estimation prudente (borne basse) et une estimation haute.